Sénat. Une journée avec Michel Canévet

14 septembre 2015

Sénat. Une journée avec Michel Canévet

L’élu bigouden Michel CANÉVET (UDI-UC) a effectué sa rentrée au Sénat. Nous l’avons suivi mercredi dernier à Paris dans les dédales du Palais du Luxembourg.

Immersion dans les pas du sénateur au coeur de la chambre haute du Parlement français.

1. Michel CANÉVET, premier sénateur bigouden sous la Ve République, monte l’escalier d’honneur du palais du Luxembourg.

2. Le Trône de Napoléon Ier (1804) installé dans la salle des Conférences.

3. Le sénateur dans la salle Médicis lors de la commission des finances.

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6 h 40. Michel CANÉVET décolle de l’aéroport de Pluguffan.

8 h 45. Le sénateur du Finistère pénètre dans le palais du Luxembourg, rue Vaugirard, situé dans le 6e arrondissement de Paris. Plan Vigipirate oblige, des militaires sont postés un peu partout autour du siège du Sénat, trésor exceptionnel d’architecture de 35.000 m².

9 h 15. L’élu relève son courrier avant de saluer le personnel du bureau des transports. Et il a une petite surprise dans son sac : une douzaine de crêpes de Plonéour-Lanvern. « Elles sont fraîches de ce matin ! », précise t-il. Depuis son arrivée au Sénat en septembre 2014 (premier sénateur bigouden sous la Ve République), le Breton est un adepte du lobbying régional. Il apporte régulièrement des produits locaux qu’il offre à ses collaborateurs. « J’ai même offert des langoustines », sourit-il. De quoi soigner son image.

9 h 30. Petite pause au bar des sénateurs. L’élu avale un café et une orange pressée.

10 h. Direction la salle Médicis où doit se réunir la commission finances. Pour s’y rendre, il faut emprunter l’imposant escalier d’honneur. On est saisi en découvrant la salle des Conférences. La pièce, d’une surface de 650 m², contient les richesses de trois siècles d’histoire. On y trouve un exemplaire original de la constitution ou encore le trône de Napoléon Ier en bois doré. Tout simplement somptueux.

10 h 15. Début des travaux de la commission des finances. Elle est la seule à se réunir aujourd’hui. Les séances plénières reprennent seulement la semaine prochaine. Ce matin, il s’agit d’auditions sur les enjeux et les leviers de la maîtrise de la masse salariale de l’État. Objectif : préparer le budget 2016 qui sera présenté cet automne. Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, livre ses analyses. Le constat est plutôt alarmant. Une trentaine de sénateurs sont présents. La réunion va durer trois heures. Le sénateur du Finistère prendra la parole. Il interroge sur les régimes spéciaux, les conditions de surrémunération du temps partiel et les promotions de fin de carrière. « Il faut trouver des leviers pour dépenser moins, l’heure est grave, le retour à l’équilibre est urgent ».

13 h. Les sénateurs déjeunent dans le restaurant situé dans les salons de Boffrand. Le lieu, réputé, est totalement privé et réservé aux sénateurs. En cuisine, le chef Jean- Christophe Trubert gère une équipe de 45 collaborateurs.

14 h 15. Passage à la bibliothèque. Un lieu, une nouvelle fois, exceptionnel. Le fonds comprend 370.000 volumes, dont 9.300 considérés comme précieux. « J’aime beaucoup venir ici. J’y emprunte des livres et j’édite des documents ». Au-dessus de nos têtes, une magnifique fresque de Delacroix.

14 h 30. La commission se réunit à nouveau. Claude Raynal, sénateur de la Haute-Garonne (Midi-Pyrénées) présente un rapport sur l’évolution de la fiscalité locale en Autriche et en Italie. « C’est riche d’enseignements, explique Michel CANÉVET. Ces pays ont également adopté un programme de rigueur,
seulement ils serrent plus les vis que nous ».

18 h. Le sénateur rejoint son bureau. L’endroit est spartiate (environ 10 m²). On y trouve pêle-mêle « Loué sois-tu », la deuxième encyclique du pape François, des cravates colorées à l’effigie de la Bretagne ou encore un petit frigo où le pâté Hénaff et le cidre de Pouldreuzic ont une place de choix.

18 h 20. L’élu reçoit un psychiatre qui officie à Landerneau. Ce dernier participe à un colloque au Sénat. Il est venu faire part de ses inquiétudes concernant le projet de loi santé (adopté par l’Assemblée nationale) qui sera examiné cette semaine au Sénat. « Je reçois régulièrement du monde, indique Michel CANÉVET, notamment des entrepreneurs finistériens ». Le sénateur en profite pour faire le point avec la première adjointe de Plonéour-Lanvern, Josiane Kerloc’h. La discussion porte sur le projet de maison médicale.

20 h. Michel CANÉVET rejoint son logement (40 m²) de fonction à quelques pas du Sénat, au 77, rue Bonaparte, l’angle de la rue Vaugirard. Il y passera la nuit avant de regagner la Bretagne le lendemain matin.

« Ici, le tutoiement est de rigueur »

Composition. Le Sénat est composé de 348 élus, la droite est majoritaire avec 186 sièges. Seulement 80 sénatrices siègent à la haute assemblée, la moyenne d’âge est de 64 ans.

Indemnités. Les élus touchent 5.388 euros net par mois et disposent d’une enveloppe mensuelle d’environ 6.000 euros pour leurs frais de mandat. Les sénateurs, comme les députés, peuvent aussi voyager gratuitement, une carte nominative leur permettant l’accès gratuit à l’ensemble du réseau SNCF en 1ere classe et à 40 allers-retours en avion entre Paris et leur circonscription par an.

Son rôle. Le Sénat, chambre « doublon» ? Absolument pas selon Michel CANÉVET. Ce dernier défend le contre-pouvoir de cette Chambre législative. Cette « navette » parlementaire permet de « mieux peser les dossiers » contrairement à la « vivacité de l’assemblée qui réagit souvent en fonction de l’actualité ». Quels sujets abordés ? « C’est très divers et ce qui fait sa complexité, explique l’élu bigouden, nous débattons sur l’embargo russe, la sécurité sociale, la loi Macron ou encore l’accessibilité des personnes handicapées ». Le sénateur ne manque pas d’interroger le gouvernement sur les dossiers plus locaux comme l’activité des ports de pêche, les liaisons ferroviaires ou les préoccupations du monde agricole. L’Assemblée représente le peuple, le Sénat, lui, représente les territoires.

Cumul des mandats. Michel Canévet est sénateur et se rend à Paris généralement du mardi au jeudi. Il est aussi maire de Plonéour-Lanvern et président de la communauté de communes du Haut pays bigouden. C’est un « atout », selon lui, les mandats locaux permettent « de garder les pieds sur terre et d’être au contact de la réalité ». Mais une loi interdit désormais le cumul des mandats. Après le 31 mars 2017, un parlementaire ne pourra plus, notamment, être maire.

Que fera l’élu bigouden ? « Nous verrons bien à ce moment là », indique t-il.

Rapport avec les autres sénateurs. « Ici, le tutoiement est de rigueur ». Michel CANÉVET, 54 ans, évoque un « esprit de coopération » au-delà des clivages politiques. Dans l’hémicycle, il faut tout de même se faire une place auprès de ténors comme François Baroin, Serge Dassault ou encore Gérard Longuet, « certains ont un peu la grosse tête mais ça se passe bien », sourit Michel Canévet.

Article de Steven Lecornu – (c) Le Télégramme

Publié le 14 septembre 2015, dans Actualités, Bretagne, CC Haut Pays Bigouden, Finistère, Plonéour-Lanvern. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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