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Michel Canévet défend l’agriculture

1er décembre 2015

compresse

Paris, le 1er décembre 2015 – N°15.022

Projet de Loi de Finances 2016 :
Le sénateur Michel Canévet défend l’agriculture

Dans le cadre du Projet de loi de Finances 2016, actuellement en discussion à la chambre haute, les sénateurs débattaient, lundi soir, des crédits de la mission Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales, autrement dit le budget du Ministère de l’Agriculture. L’occasion pour le sénateur Michel Canévet d’en rappeler les insuffisances.

Après avoir souligné que l’agriculture est un secteur fondamental pour l’économie, avec plus de 450 000 exploitations agricoles employant près d’un million de personnes, le sénateur s’est inquiété de ce que le budget n’était pas de nature à restaurer la confiance chez les acteurs du monde agricole.

« Dans le Finistère, plus d’un tiers des quelques 5 000 éleveurs sont en grande difficulté. Rien dans ce budget ne les aidera à surmonter la crise. Les aides financières ne sont pas à la hauteur des besoins : 1,5 million d’euros pour le Fonds d’Allègement des Charges, 1,85 million pour le dispositif AGRIDIFF (Aides aux exploitations agricoles en difficulté), c’est notoirement insuffisant, a souligné le sénateur. Il faudrait mettre en œuvre des mesures fiscales plus accentuées. Par ailleurs, la dotation pour aléa a aidé plus de 11 000 entreprises en 2014 pour un coût de 39 millions d’euros. Le dispositif doit être étendu pour aider les entreprises à surmonter les crises économiques, de plus en plus nombreuses ».

Autre sujet abordé, la compétitivité des entreprises agricoles, confrontées à la concurrence de pays à bas coûts. « Hors vins et spiritueux, notre balance commerciale agricole et agro-alimentaire est devenue négative. Il est nécessaire de baisser les charges, en échange, pourquoi pas, d’une hausse de la TVA. Seul le soutien à l’investissement permettra d’augmenter la valeur ajoutée. Un autre chantier me paraît urgent : celui de la simplification des normes et des procédures ».

Enfin, pour le Sénateur, la traçabilité des produits constitue une notion essentielle. « Le consommateur veut et doit être mieux informé de l’origine des produits. L’Union européenne a décidé, le 11 novembre, que l’on peut étiqueter les produits alimentaires provenant des colonies juives de Cisjordanie, pourquoi ne pas le faire pour nos propres produits, fabriqués en Europe ? La traçabilité rejoint la problématique sanitaire. Une soixantaine de postes de contrôleurs sanitaires ont été prévus pour accroitre la fiabilité de nos filières afin que le consommateur puisse être rassuré sur les conditions sanitaires de production ». Avant de rappeler la devise de sa ville « Neb ne had, ne vet ket », « Qui ne sème ne récolte ». « Pour pouvoir récolter demain, le budget devrait être amélioré ».

Une position entendue par la majorité des sénateurs qui, au final, n’ont pas adopté les crédits de la mission.