Archives du 4 mai 2018

Soirée des lauréats du #reseauentreprendre

4 mai 2018

PARIS

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A la soirée des lauréats du #reseauentreprendre, Jean-Louis Étienne présente son projet Polar Pod d’un bateau polaire vertical qui mènera des observations scientifiques en 2021. « Soyez les explorateurs engagés de votre temps, pour être les acteurs du monde de demain » Jean-Louis Etienne, témoin de la soirée des lauréats du #reseauentreprendre »
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Soirée des lauréats du #reseauentreprendre à la Bourse de Paris pour récompenser les projets entreprenariaux dynamiques notamment par les usages numériques.

Rivières bretonnes : le SOS des propriétaires de moulins

  1. 4 mai 2018

BRETAGNE

Depuis une vingtaine d’années, le ministère de l’Écologie et des associations de protection de l’environnement poussent à la roue afin que les propriétaires de moulins effacent les barrages et déversoirs pour rendre aux rivières leurs lits naturels. Une aberration selon la Fédération française des associations de sauvegarde des moulins.

La continuité écologique des cours d’eau ne cesse, depuis quelques années, de faire des remous parmi les quelque 10 000 adhérents à la Fédération française des associations de sauvegarde des moulins (FFAM). « On accuse ces constructions qui font partie intégrante de notre patrimoine de tous les maux », explique Michel Diebold, conseiller juridique à la FFAM et propriétaire avec sa femme d’un moulin à Plouguin dans le Nord-Finistère.

« France nature environnement et les fédérations de pêche, poursuit-il, avancent que les digues construites pour endiguer l’eau empêchent les poissons migrateurs de remonter en amont pour se reproduire. C’est faux. Il a été démontré qu’un saumon pouvait remonter 3,50 m à la verticale si la lame d’eau était suffisante. Et puis les retenues d’eau qui ont été aménagées pour alimenter les moulins sont autant de zones où les poissons peuvent se réfugier l’été quand les niveaux d’eau deviennent trop critiques dans la rivière. Ces soutiens d’étiage ne sont pas à négliger. Les ouvrages permettent aussi de brasser et d’oxygéner correctement l’eau et ainsi éviter l’eutrophisation. En fait, c’est l’inverse, nous sommes les garants d’une certaine stabilité environnementale. Les zones humides, qu’elles soient naturelles ou artificielles, sont autant de sanctuaires pour la faune. Il a même été prouvé que les retenues jouaient un rôle prépondérant dans la dénitrification des eaux ».

« Nos ouvrages ne sont pas infranchissables »

Et Michel Diebold de produire les résultats d’une étude rédigée par Patrice Cadet, ancien directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement et actuel président de la FFAM. On peut y lire qu’avant le XIXe siècle, seuls les poissons sauvages n’étaient en aucun cas gênés par les petits seuils édifiés pour alimenter les moulins. Les choses se sont corsées après 1850 avec la construction de hauts barrages. « Nos ouvrages ne sont pas infranchissables. Qu’on nous laisse tranquille ».

D’après Patrice Cadet, si la ressource des rivières a pris une claque ces dernières années, il faut plutôt regarder du côté des effets néfastes de l’agriculture intensive, des pesticides, des perturbateurs endocriniens et aussi du réchauffement climatique. Concernant les populations de saumon, il faut aussi prendre en compte la pollution des océans et la surpêche en mer.

Arrêter l’incitation à la destruction

Pour la FFAM, il est impérieux d’arrêter cette politique d’incitation à la destruction. « Si un propriétaire s’engage dans cette voie, l’État lui assure qu’il prendra les travaux à sa charge. S’il refuse, de 50 à 60 % de l’aménagement du site restera à sa charge ». Ces travaux sont très onéreux : plus de 200 000 euros généralement pour effacer un déversoir ou une digue.

Comme beaucoup d’autres propriétaires de moulins, Michel Diebold estime que l’État n’a jamais engagé de véritable réflexion sur le potentiel énergétique que représentent les cours d’eau. Même si les sites dotés de turbine ne sont pas concernés par ces travaux de continuité des cours d’eau. « Une politique incitative permettrait de développer cette production, assure le conseiller de la FFAM. Cela pourrait représenter au niveau national une ou deux tranches de centrale nucléaire ».

Un sénateur finistérien s’interroge

Michel Diebold regrette que son association ne soit pas représentée au sein des comités de gestion des poissons migrateurs (Cogepomi). « Nous pourrions faire part de nos travaux de nos réflexions. C’est complètement illogique mais c’est volontaire ».

 

Autre sujet d’inquiétude, soulevé par le sénateur finistérien Michel Canévet cette fois-ci, le flou qui existe sur l’interprétation que font les services de l’État d’une disposition législative qui fait autorité, dans ces dossiers. Lors d’une question au Sénat, le 15 mars, ce dernier avait souligné que cette note n’avait jamais été publiée au journal officiel et qu’elle n’avait jamais été signée. « Un comble dans un état de droit », conclut Daniel Diebold.

© Le Télégramme

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