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Communiqué de Michel Canévet suite à l’article publié sur Douarnenez dans l’édition du Télégramme

12 octobre 2019

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Suite à l’article publié sur Douarnenez dans l’édition du Télégramme de ce jour, je souhaite réagir par le communiqué ci-dessous :

L’avion, outil de désenclavement

Nous avons de la chance, à l’ouest de Quimper, d’avoir un aéroport qui favorise le désenclavement de notre région, sujet politique majeur dans le travail des élus.

Depuis très longtemps, les élus bretons se mobilisent pour favoriser l’accessibilité de notre région, par mer, par la route, par le train, par l’avion et aussi pour les télécommunications, aujourd’hui l’enjeu numérique.

Dans le pacte d’accessibilité signé entre l’Etat et la Region, suite à l’abandon du projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes, l’Etat s´est engagé à terminer la mise à 2 x 2 voies de l’axe central, la route nationale 164, à gagner quelques minutes du trajet en train par l’amélioration de la voie ferrée entre Rennes et Redon, mais ce chantier demandera près de 2 décennies avant d’être concrétisé, et par le reclassement en ligne d’aménagement du territoire de la ligne Quimper-Paris.

Cette ligne a vu sa fréquentation baisser au fil des années, essentiellement par l’absence de fiabilité de l’exploitant, la compagnie Hop. 150 vols annulés en 2017, sans compter de multiples retards, des tarifs élevés, 680€ pour un aller-retour ont conduit à cette désaffection de nombreux usagers.

Je respecte pleinement le choix des élus de Douarnenez Communauté de ne pas participer au tour de table supplémentaire pour boucler les 3,5 millions d’€ de la subvention d’équilibre, au lieu des 3 millions € initialement prévus.

Je ne partage pas le point de vue du Président de Douarnenez Communauté disant que c’est à l’Etat de payer. L’Etat participe, de façon significative, 1,2 million €, mais les collectivités territoriales ne peuvent s’en désintéresser. Pour preuve, c’est la région Bretagne, dont je salue l’engagement, qui apporte l’essentiel du financement, 1,5 M€. L’Etat dont la situation financière est dégradée, ne peut tout financer seul. Il faut que les élus assument la décentralisation effectuée depuis 1982.

Considérer que l’aéroport n’existera plus à court terme est une attitude pour le moins défaitiste, ce que je ne peux approuver.

Enfin, dire que des chefs d’entreprise du secteur ne considèrent pas la ligne fiable, c’est faire un procès d’intention à l’égard du futur exploitant, la compagnie Chalair. La mission sénatoriale sur le transport aérien, à laquelle j’ai participé, s’est bien rendu compte, lors du déplacement en Cornouaille cet été, des attentes des chefs d’entreprise vis à vis de cette ligne, pour que leurs collaborateurs puissent effectuer un À/R dans la journée sans avoir à rester dormir sur Paris, pour permettre à leurs clients et partenaires de venir en Cornouaille, pour conserver les sièges sociaux chez nous.

Chalair a même annoncé la création de 18 emplois sur la Cornouaille, pour y localiser son avion, un avion à hélices qui, même s’il mettra une quinzaine de mn de plus qu’un jet, présente l’avantage d’un impact carbone bien moindre par une consommation de carburant inférieure de 40%. C’est donc une excellente nouvelle pour notre région, car nous avons des atouts: un tissu économique important, une démographie positive, des atouts touristiques à mieux faire valoir, donc de quoi remplir largement cet avion de 70 places qui permettra aussi de desservir la région de Lorient, puisque l’aéroport de Lann Bihoue ne dessert plus Orly, mais Roissy: les 2 plateformes sont complémentaires.

Le désenclavement demeure l’un des axes majeurs de l’action des pouvoirs publics, pour permettre à nos entreprises de se développer ici. Sans aéroport, c’est une partie de notre attractivité qui disparaîtrait. Le train est complémentaire, mais ne remplace pas l’avion dans une dimension temps. Et n’oublions pas que cet aéroport génère directement et indirectement de nombreux emplois, permet l’atterrissage de nombreux avions d’affaires, du maintien de la base hélicoptères de la sécurité civile. Attention à ne pas menacer tout cet écosystème !

Michel Canévet

Sénateur du Finistère