Réponse de M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation : les choucas

5 décembre 2019

SENAT

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Réponse de M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation : les choucas

Question n° 12334 adressée à M. le ministre de l’agriculture et de
l’alimentation Publiée le : 26/09/2019

Texte de la question : M. Michel Canévet attire l’attention de M. le
ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur la montée en puissance des ravages dus aux choucas des tours (corvus monedula), espèce d’oiseau de la famille des corvidés. La population des choucas a fortement augmenté depuis les années 1990 et provoque de nombreux dommages aux cultures. Dans une réponse à une question écrite n° 10 747 sur ce sujet, en date du 27 juin 2019 (Journal officiel des questions du Sénat, p. 3 408), le ministère de la transition écologique et solidaire avait reconnu l’importance de ce phénomène, notamment dans les départements bretons et plus particulièrement le Finistère. Pour autant, seule une augmentation du prélèvement est envisagée, de l’ordre de 7 000 oiseaux. Si cette solution peut s’avérer intéressante, parallèlement à une étude approfondie aboutissant à une meilleure connaissance de cet oiseau, il n’en demeure pas moins que celle-ci ne peut s’envisager qu’à long terme. Or, dès aujourd’hui, de nombreux agriculteurs connaissent des préjudices économiques importants. Ainsi, la plus importante coopérative agricole bretonne estime que 25 % des surfaces de maïs sont concernées par ces dégâts et plus de 3 000 hectares ont dû être ressemés. Face à cette situation, et à défaut de déclassement des choucas dont on peut se demander s’il doit demeurer une espèce protégée au vu du nombre croissant et significatif d’individus, de nombreux organismes agricoles (chambres d’agriculture, syndicats, coopératives…) souhaitent que soit mise en œuvre, à court terme, une indemnisation des agriculteurs qui, confrontés à ce phénomène, subissent un préjudice économique. Aussi, compte tenu de cette situation sensible, il souhaite savoir si cette solution est envisageable.

Réponse de M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation
À publier le : 28/11/2019, page 5923

Texte de la réponse : Le choucas des tours qui est classé en « préoccupation mineure » sur la liste rouge nationale de 2016, est cependant une espèce protégée en France par l’arrêté du 29 octobre 2009 relatif à la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et aux modalités de leur protection. À ce titre, sa destruction est interdite sauf dérogation prévue à l’article L. 411.2 et suivants du code de l’environnement. Cette espèce est également inscrite à l’annexe II/2 de la directive communautaire sur la conservation des oiseaux sauvages, la France ne faisant pas partie des États membres qui ont autorisé la chasse de cette espèce. Dans l’Ouest de la France, et notamment dans certains départements bretons, la population de choucas a effectivement fortement augmenté depuis les années 1990 et occasionne des dommages aux cultures (semis de maïs, pois, pomme de terre et ensilage). Afin de limiter ces dégâts, des dérogations à l’interdiction de destruction de l’espèce sont accordées dans le Finistère depuis 2007, et dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan, plus récemment. Ainsi, des prélèvements accompagnés de mesures d’effarouchement ont été autorisés. Ils sont notamment effectués par les lieutenants de louveterie qui ont consacré dans ces départements l’essentiel de leurs interventions à cette opération. Une maîtrise à long terme des populations de choucas des tours implique des méthodes raisonnées de prévention et de lutte, et devra passer également, entre autres, par la réduction de l’accès aux ressources alimentaires à l’échelle des exploitations agricoles. Compte tenu de la situation, un scientifique va être engagé pour comprendre la dynamique de l’espèce à l’échelle régionale, la dispersion des individus sur le territoire et la recherche de solutions efficaces pour réduire durablement les dommages sur les productions agricoles. Une première étude, dont le cahier des charges est en train d’être mis au point sous l’égide de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Bretagne en lien avec le conseil national de la protection de la nature, est d’ordre ornithologique et portera notamment sur les aspects de la dynamique et de la dispersion de population de choucas.

Publié le 5 décembre 2019, dans Actualités, Agriculture et pêche, Réponses, Sénat. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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